FONDATION ALBERT ET SUZANNE RAKOTO RATSIMAMANGA

L’agriculture raisonnée est une expression apparue en France en 2002 dans un décret relatif à la qualification des exploitations agricoles au titre de l’agriculture raisonnée. Selon ce décret, les modes de production raisonnés en agriculture consistent en la mise en œuvre, par l’exploitant agricole sur l’ensemble de son exploitation dans une approche globale de celle-ci, de moyens techniques et de pratiques agricoles conformes aux exigences du référentiel de l’agriculture raisonnée. L’appellation a par la suite été rediscutée lors de concertations entre spécialistes de l’agriculture, de l’environnement, de la distribution, etc.

Globalement, le terme d’agriculture raisonnée se définit sur le papier comme un équilibre entre la production et le respect de l’environnement. Elle cherche à définir un point de médiation entre la volonté de productivité liée à la modernisation agricole, et les contraintes, pourtant nécessaires, d’une agriculture respectueuse des normes environnementales et sanitaires. Attention cependant : il ne s’agit pas d’une agriculture biologique, puisqu’elle s’affranchit librement de certaines contraintes. C’est pourquoi les produits dits « raisonnés » ne peuvent pas prétendre au sigle et à l’adjectif « biologiques ».

Quels sont les critères de l’agriculture raisonnée ?

Le terme d’agriculture raisonnée est attribué à l’alimentation qui répond à différents critères spécifiés dans le cahier des charges de l’agriculture biologique selon la catégorie à laquelle elle appartient (légumes, viande, lait…). De fait, les produits issus de l’agriculture raisonnée ne disposent pas d’un label AB, propriété du ministère de l’Agriculture. Les détenteurs du label AR (pour agriculture raisonnée) sont souvent contrôlés par des certificateurs agréés par l’Etat, et normalement indépendants, afin de s’assurer que les produits sont toujours conformes aux contraintes du cahier des charges imposé.

L’AR peut aussi se permettre d’employer des produits chimiques ou utiliser des OGM, ce que l’agriculteur bio se refuse de faire, quelle que soit l’année. D’après ses défenseurs, cette alternative est la meilleure pour répondre aux besoins, aux attentes, mais aussi aux contraintes de la consommation moderne. Celle-ci souhaitant de la qualité autant que du volume, l’agriculteur doit pouvoir répondre efficacement à la demande, le bio ne permettant pas de produire suffisamment face à l’explosion de la demande dans une société de consommation moderne.

Une transition entre l’intensif et le biologique ?

L’agriculture raisonnée, pour beaucoup de ses défenseurs, faciliterait une transition et à terme une reconversion de l’agriculture intensive. Un passage immédiat à la production biologique serait, toujours selon ses défenseurs, un bouleversement trop important qui nuirait à la fois au consommateur (par un manque de réponse à la demande) et à l’agriculteur qui n’a pas nécessairement la maîtrise des outils de la production du bio.

Pour autant, cette méthode a beaucoup de détracteurs, souvent issus du modèle biologique. Ils voient en effet, au travers de cette pratique, une méthode pour induire en erreur le consommateur qui pense consommer bio en mangeant des produits AR pouvant être des OGM ou contenir des produits chimiques. S’ils reconnaissent sur le principe que l’agriculture raisonnée permet de mieux sensibiliser les agriculteurs au respect de l’environnement, ils déplorent le manque de régulation dans l’usage des pesticides et des produits OGM. De même, le consommateur ne serait pas suffisamment bien informé de la différence entre un label AR et un label AB.