FONDATION ALBERT ET SUZANNE RAKOTO RATSIMAMANGA

Le professeur était...

1907
Naissance du prince Ratsimamanga

Naissance du prince Ratsimamanga

  Albert Rakoto Ratsimamanga naquit dans une famille aristocratique merina. Il était le petit-fils du prince Ratsimamanga, oncle et conseiller de la reine Ranavalona III, exécuté en 1897 au début de la colonisation française de Madagascar. Puisant ses racines dans le XIXe siècle malgache, sa vie a été solidaire des grands enjeux historiques et scientifiques de son époque.
1915

Un scientifique

D’abord médecin de l’Assistance médicale indigène, il prend conscience de l’immense précarité sanitaire des populations rurales de Madagascar. Accompagnant la délégation malgache pour l’Exposition coloniale de 1930, il continue ses études à Paris et devient docteur en médecine, docteur ès sciences, diplômé de l’Institut de médecine exotique et de l’Institut Pasteur.

Albert Rakoto Ratsimamanga a surtout été un éminent scientifique, de la communauté de pensée des Joliot-Curie, Langevin, Leblond, Nicolle, Minz et bien d’autres.D’abord assistant à la faculté de médecine de Paris, il est l’un des quatre directeurs scientifiques refondateurs du C.N.R.S. d’après guerre et devient directeur de recherche de classe exceptionnelle.

Ses travaux concernent la biochimie, la physiologie des hormones, notamment corticosurrénaliennes

1945

Un patriote

En février 1946, le docteur Rakoto Ratsimamanga fonda avec Jacques Rabemananjara, déjà écrivain francophone et les députés Joseph Raseta et Joseph Ravoahangy Andrianavalona (deux médecins de l’AMI déjà impliqués, en 1916, dans l’obscure complot de la VVS), le Mouvement démocratique de la Rénovation malgache (MDRM) dont les statuts seront adoptés, à Paris, en février.

Dès mars 1946, Raseta et Ravoahangy avaient demandé l’abrogation de la loi d’annexion de 1896 et la reconnaissance de la Grande Ile comme un « Etat libre, ayant son gouvernement, son parlement, son armée, et ses finances au sein de l’Union française ».

Son combat pour la liberté dans un cadre légaliste et pacifiste fut sans relâche. Fondateur en 1934 de l’Association des étudiants d’origine malgache, il s’engage dans les F.F.I. pendant la Résistance. Cofondateur du Mouvement démocratique de la rénovation malgache en 1946, il s’élève contre la répression sanglante de l’insurrection malgache de 1947.

En 1935, Albert Rakoto Ratsimamanga fut fondateur de l’AEOM (Association des Etudiants d’Origine Malgache) et déposa lui-même à la Préfecture de Paris les statuts du MDRM (Mouvement Démocratique pour la Rénovation de Madagascar). Ce mouvement fut durement réprimé en 1947 puis, par la suite, dissous. Albert Rakoto Ratsimamanga créa en 1949 le « Conseil National Malgache », sorte de Gouvernement en exil appuyé par l’AEOM. Mais déconnecté du contexte politique malagasy, ce fut un échec.

1960
Un diplomate

Un diplomate

À la déclaration de l’indépendance, il est nommé ambassadeur de la nouvelle République malgache en France et crée les ambassades en Allemagne fédérale, en U.R.S.S., en Chine, en Corée du Nord et en Sierra Leone. En outre, il représente son pays auprès de l’O.M.S., de la F.A.O.et de l’U.N.E.S.C.O., dont il devient vice-président du conseil exécutif.

Albert Rakoto Ratsimamanga, malgré ses diverses occupations, a encore trouvé l’occasion de suivre les cours de l’IHEI (Institut des Hautes Etudes Internationales) pendant deux ans et de rédiger un mémoire sur les pays baltes. Il embrassa alors à l’aise la carrière diplomatique ; Ambassadeur de Madagascar:

  • à Paris (1960)
  • en République Fédérale d’Allemagne (1962)
  • à Freetown (1963)
  • à Moscou (1973)
  • en Corée (1973)

Durant de sa vie, il fut aussi

  • Représentant Permanent de Madagascar auprès de l’Unesco (1960)
  • Vice-Président du Conseil Exécutif de l’Unesco (1962-1963)
  • Membre du Conseil Exécutif de la Ccta (1960-1963), de la Fondation Nationale de l’Enseignement Supérieur de la Communauté (1960), de la Délégation Malgache à la Commission Mixte Franco-Malgache pour le transfert des Compétences et de Souveraineté à l’Etat Malgache (1960)
  • du Conseil Scientifique du Centre National de Coordination des Recherches sur la Nutrition et l’Alimentation (1959 France)
  • Expert auprès de la FAO (1958-1959 Rome)
  • Membre désigné par le Conseil Exécutif de l’Unesco auprès du Bureau International de l’Education à Genève (1960-1963)
  • Vice-Président et Membre Permanent du Comité pour la Recherche Scientifique de l’Organisation de l’Unité Africaine (Alger 1964)
  • Vice-Président du Comité Exécutif du haut-commissariat pour les Réfugiés (1965)
  • de l’Institut International de Promotion et de Prestige, du Centre International d’Etudes Latines
  • Expert près de l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 1968
  • du Conseil Directeur de la Fondation Santé et Développement (Paris 1984)
  • Membre Honoraire de l’Ordre des Médecins
2001
Ses décorations

Ses décorations

Le Professeur s’est éteint le 16 septembre 2001. Paix à son âme et à tout le travail que son existence nous a laissé en héritage de bonheur d’être né en Malgache et d’avoir contribué à la connaissance de l’humanité.  L’IMRA, Institut Malgache de Recherches Appliquées, est un centre de recherches oeuvrant pour le développement. Sa vie de carrière reste une histoire pour le peuple malgache. Ainsi, il recevait de nombreux honorations pour solliciter ses oeuvres scientifiques.

  • Grand-Croix de l’Ordre National Malgache
  • Grand-Croix de Première Classe de l’Ordre du Mérite de la République Fédérale d’Allemagne
  • Grand Officier de la Légion d’Honneur
  • Grand-Croix de l’Empire Céleste
  • Grand Officier de l’Ordre du Mérite Scientifique
  • Grand Officier de l’Ordre National Sénégalais
  • Commandeur de l’Ordre des Palmes Académiques
  • Commandeur de l’Ordre National du Congo-Brazzaville
  • Médaille des Engagés Volontaires
2016
Un mari

Un mari

  • Née en 1928 – France
  • Décédée le 16 mars 2016 – Paris, à l’âge de 88 ans
  • Inhumée – Cimetière de Bagneux (Hauts de Seine), France
  • Professeur de Biochimie

Issue d’une modeste famille juive fuyant les pogroms polonais, Suzanne Urverg naquit en France. Adolescente elle échappa par miracle à l’Holocauste. Elle devint une enseignante et une scientifique honorée par ses pairs, participant à l’épanouissement de l’Institut Malgache de Recherche Appliquée et à la découverte de médicaments dont le premier antidiabétique d’origine végétale.

Urverg Ratsimamanga est professeur de biochimie à l’Université d’Antananarivo et président de l’IMRA (Institut malgache de recherche appliquée). Après avoir obtenu son doctorat et son agrégation en médecine à Paris, elle est devenue directrice de recherche à l’École pratique des hautes études à Paris où elle a exercé diverses fonctions (endocrinologie et plantes médicinales). Avec le professeur Albert Rakoto Ratsimamanga, elle a créé IMRA, un institut à Madagascar dédié aux produits naturels. Ensemble, ils ont commercialisé 5 médicaments brevetés au niveau international et perfectionné environ 40 autres médicaments issus de la médecine traditionnelle. Parmi ses distinctions, il a reçu à Madagascar plusieurs prix pour un antidiabétique végétal et un traitement contre la lèpre, la Malgache nationale Grand Croix de l’Ordre et le Chevalier de la Légion d’Honneur (France).